Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
Slam
Lundi, 9 juin 2008
Voici l’histoire pas inventée
D’un chat qui crèche dans une cité
Très bien sapée Jean pas déchiré
C’est un chat Avec tee-shirt moulant
Rouge sang ses petits seins peinards
Démarre sur ses pieds volant
Paire de baskets cosmique héritée
Des blacks guerriers un string de soie
Noire faut voir qui glisse se plisse
Sur sa peau réglisse C’est un chat
Couleur métisse Y’a pas de hasard
C’est un chat qui va faire une virée
Avec les matous de sa bande voyous
Pour traquer les rats bien gras les souris
Faire ses courses poubelles on parie
Que la belle a plein ses poches des cailloux
Les file au marchand pour payer ses achats
Slam c’est un chat Soutien-gorge le soir crisse
Bleus ses cheveux ras se hérissent
Iroquois et quoi ! C’est un chat
Il est né là dans les cartons bâtards
Fils d’un grand Cheyenne roux hagard fêtard
Et c’est pas tout ! Les jeunes Blacks du quartier
L’ont traité de gouttière sans pitié
Il se marre La cité ses petits seins
Font du bien aux doux assassins qui tuent
Avec délice d’un coup de plume et d’âme
Les ramasseurs les rabatteurs les traqueurs
Nœud coulant ils lui passent le dessin
D’un chat foutu allumeurs tu meurs
Si tu ne cours pas oreilles rabattues
Jusqu’à ses paupières indociles
Qu’elle emballe de rimmel ça va
Et c’est pas tout ils l’ont appelé Slam !
La cité prend des airs de gamine
Quand il radine sur ses chemins de brousse
C’est pas un nom facile cousin enfile
Ton frac indocile et file Slam c’est un chat
Qui rame pas en bas des blocks il va
A la rencontre des poseurs de mines
Vermines leurs bétaillères bourrées
De bâtons de rouge à lèvres tirés
De faciès pamplemousse Les détrousse
En douce de leur cargaison qui trace
Chat sauvage griffu fou sur leur pare-brise
S’élance pour danse pleine de grâce
Terreur chez la volaille mine grise
La rebelle s’étire et leur tire la langue
Déhanche et tangue avec les mangeurs de mangues
Slam sait que leurs lames c’est pour trancher
Entre les mailles amères du filet
Tendu par les gardiens de l’ordre mort
Parmi le peuple des enfants d’or
P’tits renards prêts à la harangue
La cité en teignant ses cheveux henné chante
A toutes les fenêtres sa goualante
Slam c’est un chat qui ne boit pas de lait
Les bistrots sont ses palais c’est sûr
Aux trois billards il assure C’est un chat
Qui a de l’allure sur le tapis couché
Les boules lui roulent dessus
Ne craint rien des seigneurs cossus
Qui mènent le monde et le font marcher
Il va pas perdre furibond le Nord
De ce qui se passe crasse dehors
Gyrophares sales tronches déboulent
Sur elle ses petits chemins creux remplissent
De bétaillères encore et mouches saoules
Dedans vendeurs d’enfants et de peaux réglisses
Des cités macquées matées barbelées
Filins plastiques pratiques pour t’empêcher
Interdit interdit de rentrer alors ?
Slam c’est un chat va pas laisser faire
Greffier des quartiers pelure courant d’air
S’ils veulent la guerre l’auront c’est d’accord
Avec le frangin Mozart qu’est crevé sans un
Leur faire la fête tambours trompettes hein !
Chez toi interdit marcher sur
Tes trottoirs tes parkings tes rues
Un camp militaire ils vont faire
De ta cité ça prend l’allure
Et son string nylon noir ils frôlent
Ses petits seins aux pointes nues
Tes doigts caressent son revolver
Détresse d’écume petit frère
Slam c’est un chat te file la recette

Faut inventer tamanoir les histoires
Tagger slamer rapper conter
N’ont pas les moyens de te les retirer
Le feu aux mots ! Les marchands de passoires
On les jette par-dessus l’épaule
Slam entame la quête muette pas bête
Du type qui avait la cervelle d’or
Se faufile d’aiguille en aiguille
Entre les bottes des braqueurs de billes
Y’a plein de héros morts dans les corridors
Aux trois billards on frotte les queues
Avec du savon noir ta vie c’est un jeu
Qu’on joue sans toi ici dans le trou va
La boule avec ton nom Slam à poil dehors
Pendant que le type sans cervelle meurt
Et sa bande de greffiers pas peur
Des flahs-ball boucliers miradors
Trop lourds trop forts trop lents trop durs
Slam c’est un chat Leur sautent à la figure
Et signent dans leur peau lisse et grasse
D’un coup de patte qui passe la trace
De la cité métisse matous peau réglisse
Le refrain qui n’a pas fini de les hanter
C’est Slam le chat clame la rumeur Enchantés !

Monsieur Céline le chat de Louis vous salue bien...